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Les sondages, nouveau bouc émissaire ?

15/08/2012
Chaque période connaît des polarisations qui révèlent ‘état d’esprit de la société et cachent la raison profonde des malaises. Ainsi en est-il des sondages, vivement remis en cause probablement en raison du sentiment diffus que nous serions des pantins manipulés par des puissances floues tous les ingrédients pour trouver un bouc émissaire sont réunis.

Face à une discipline complexe, il faut consentir un minimum d’effort.

Refuser d’entendre les explications des sondeurs, exiger sous forme d’injonctions des réponses simplistes aux questions qu’on leur pose relève au mieux de ‘incompétence péremptoire, au pire de la malhonnêteté sur fond d’ on nous cache quelque chose». Comme pour toute profession, il existe de bonnes et de moins bonnes façons de la pratiquer, mais elle n’est pas manipulatrice par essence. Le prétendre, et au nom de cette accusation, insinuer, comme on l’a entendu, qu’il faudrait en limiter la diffusion, ressemble à une chasse aux sorcières. S’il faut s’interroger sur la qualité des sondages, de fa réalisation jusqu’à l’interprétation des résultats, l’effort d’entendre un minimum de concepts techniques et scientifiques est nécessaire pour juger, sous peine de commettre un acte d’imposture.

Refuser toute infantilisation

En tant que citoyenne et utilisatrice, je m’élève contre les condamnations irrationnelles à l’encontre des sondages. Au nom de quel « faire mon bonheur malgré moi » refuserait-on l’accès à la connaissance d’un sondage je peux choisir de ne plus m’y intéresser, critiquer une interprétation, reprocher aux médias de leur accorder trop d’importance ma dignité de citoyenne libre et responsable est atteinte si l’on procède à ces censures à ma place. Et si l’influence des sondages sur l’opinion existe, en quoi serait-elle intrinsèquement plus suspecte que celle exercée par la vision d’un meeting en délire ? Le traitement déséquilibré de l’information peut être en cause, pas l’information elle-même.

Ne nous trompons donc pas de combat. Si mensonge il devait y avoir, prouvons-le, puis dénonçons-le. Mais n’acceptons pas une infantilisation prétendument protectrice, donnant la vision aliénante d’un monde lisse où l’on ne sait plus que des avis différents existent. Cet assistanat pervers pourrait bien conduire à ce que seules les opinions de ceux qui es expriment avec violence soient audibles, couvrant soigneusement la voix des plus calmes, des timides.

Zysla Belliat,

Directrice déléguée études et recherche d’Omnicom Media Group, membre du comité scientifique du CESP

Source : Stratégies, no. 1454, 26104/07, p. 8