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Les villes moyennes cernent Strasbourg

15/08/2012
Pour lutter contre l'attractivité des hypermarchés de la périphérie strasbourgeoise, les petites villes voisines musclent leur équipement commercial. Une chance pour les indépendants qui grignotent des parts de marché alors que les succursalistes finissent par se concurrencer eux-mêmes.

Autour de l'agglomération strasbourgeoise s'étend un espace où la population évolue rapidement sous l'effet conjugué d'une forte progression démographique et de l'arrivée de citadins de plus en plus nombreux à rechercher une qualité de vie plus agréable. Brumath, Marlenheim. Wasselonne. Molsheim, Obernai, Barr comptent toutes entre 10000 et 15000 habitants. S'y ajoutent des dizaines de villages de 4000 à 6000 habitants. Ce sont donc plus de 220000 habitants qui peuplent cette bande de terrain d'une trentaine de kilomètres de large ceinturant Strasbourg. Les zones commerciales des cinq hypermarchés situés en périphérie se sont longtemps partagées les parts de marché générées par les Strasbourgeois et les habitants des régions limitrophes. Cora au nord, Auchan à l'ouest et au sud, Rond Point au sud-ouest et au nord se sont adjugés au fil des années des zones de chalandise clairement définies le long des axes routiers.

Ce découpage est en train d'évoluer sous l'effet de la concurrence de plus en plus forte des communes alentours. Témoin, la ville de Molsheim, dont la communauté de communes rassemble quelque 130 000 habitants à l'ouest de Strasbourg. Au cœur de cet espace, le pôle commercial de Molsheim-Dorlisheim vient de renforcer son attractivité avec l’agrandissement du Cora de Dorlisheim, passé de 5000 à 7500 m2, alors que dans le même temps plusieurs supermarchés gagnaient des mètres carrés. « Notre politique vise à favoriser l'adaptation des moyennes surfaces aux besoins locaux, en permettant à des magasins de 1000 à 1200 m2 de doubler leur surface de vente, explique Laurent Furst, maire de Molsheim et président de la communauté de communes. C'est dans cet esprit que nous avons autorisé Cora à s'agrandir, et ce en dépit de l'opposition des commerçants. II nous fallait retenir la clientèle qui fuyait la région faute d'une offre suffisante sur les produits culturels, les loisirs et l'équipement de la maisonObjectif atteint si on croit Bernard Didier, directeur de l'hyper. « Depuis la mise en service, en avril, du magasin réaménagé, nous enregistrons une croissance à deux chiffres et nous visons à terme un chiffre d'affaires de 90 M Euros. »

Il reste à évaluer l'impact des extensions de magasins directement concurrente, annoncées entre-temps. A commencer par celle, à venir, de 1450 à 2 500 m2 du Super U de Gertwiller et, surtout, la transformation du Maxi U Obernai en hypermarché Rond Point (3260 m2). « La ville possède un potentiel suffisant pour justifier cette extension, considère Denis Fischer, secrétaire général de l'Union des Coop d'Alsace (UCA). Nous voulons réduire l'évasion commerciale vers Cora Dorlisheim et Auchan » indique Denis Fischer. Paradoxe: ce futur magasin se situe dans la zone de chalandise de Rond Point Geispolsheim, autre magasin de l'UCA. Un phénomène qui ne concerne pas uniquement les Coop.

A Illkirch-Graffenstaden, troisième commune de l'agglomération strasbourgeoise (30000 habitants), un centre commercial comprenant un Atac a été agrandi de 900 à 1800 m2 aux côtés d'une vingtaine de boutiques. Or, ce magasin, qui vise désormais un chiffre d'affaires de 12,2 M Euros, est situé à 2 kilomètres de son grand voisin Auchan lllkirch.

Cette concurrence pourrait s'avérer d'autant plus forte dans les mois à venir que, dans le même temps, les indépendants grignotent petit à petit des parts de marché. Quasiment absents de Strasbourg, Super U, Leclerc et Intermarché investissent fortement l'espace péri-urbain. Au sud, Intermarché a ouvert sur 3000 m2 à Benfeld, Super U s'agrandit à Eschau, tandis que Leclerc dispose depuis peu de 381 5 M2 à Erstein. « La municipalité nous a soutenus, souligne Alain Laurent, directeur de Leclerc Erstein. Car elle a reconnu que nous étions les moteurs de cette ville face aux grandes surfaces strasbourgeoises. ».

Bien sûr, pour le moment, les parts de chiffres d'affaires détournées des principaux hypermarchés demeurent réduites et le commerce strasbourgeois disposera toujours d'atouts décisifs. Mais les élus locaux misent sur le développement de l'offre commerciale locale. Leur soutien à des magasins de centre-ville et la réussite d'opérations comme Atac à Illkirch-Graffenstaden donne des idées à d'autres petites villes. L'enjeu étant de satisfaire les besoins d'une population en forte croissance et souvent dotée d'un pouvoir d'achat élevé que chaque enseigne entend capter.
 
 Analyse :  Didier Bonnet et Pierre Lawless, LSA, juillet 2002