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Histoire

Un handicap passager

15/08/2012
Peter C., épicier, dans une petite ville dans le Dakota du Sud se fait renverser, ce matin du 15 avril 1963 par une voiture qui a sans doute dérapé sur une plaque de verglas. Et sa vie bascule. D’épicier sans histoire, il devient aveugle. Le médecin qui l’a examiné a précisé qu’il n’y avait pas de lésions aux yeux et d’atteinte cérébrale irréversible. Mais il est bien aveugle. Dans son malheur, il espère toucher la prime pour l’assurance qu’il avait contractée. Mais celle-ci lui apparaît comme une maigre compensation face au drame qu’il vit.

Quelques semaines plus tard, un inspecteur de la compagnie se présente pour vérifier les dire de Peter C. Se méfiant des escrocs, il essaye de piéger Peter C. en le saluant la main tendue. Il déclare aussi que l’argent ne sera versé le 15 octobre 1963 à midi que si Peter C. n’a pas retrouvé la vue.

Cependant, au bout de quelques semaines, Peter C. s’aperçoit qu’il recoure progressivement la vue. Mais au fond de lui-même, il enrage contre cet agent de l’assurance. Il va donc jouer au faux aveugle. Sans rien dire à son épouse. Même si pendant de longues semaines, l’inspecteur va essayer de le piéger à plusieurs reprises. Et un jour son épouse constate qu’il lit le journal. Peter C. lui déclare qu’il a bien été aveugle mais qu’aujourd’hui il voit. Et même, que s’il touche la prime d’assurances, il la donnera à une institution pour aveugles.

Le 15 octobre 1963, à 11 h 50, Peter C. se présente chez son notaire. L’inspecteur des assurances lui déclare qu’il a gagné. « Gagné, pas du tout » répond Peter, « c’est l’indemnisation de mon infirmité ». Et le notaire de passer longuement en revue les conditions du contrat d’assurances. L’agent d’assurance tente un dernier piège en remettant le chèque à Peter C. qui machinalement lit le montant.

L’agent pousse un cri de triomphe : « Il voit ! ». Peter C. confirme. « Je suis peu à peu sorti du brouillard et la première chose que j’ai vue, c’est la pendule qui indiquait 12 heures 01 ». La compagnie a payé et l’inspecteur qui s’est laissé abuser a été licencié.

Cette arnaque étonnante a quand même une morale. L’institution pour aveugles a bien reçu les 50.000 dollars de Peter C. Sans acharnement de l’inspecteur de la compagnie, Peter C. n’aurait sans doute pas tenté cette escroquerie mais celle-ci était devenu un jeu, celui du chat et de la souris jouant à colin-maillard.

L’escroquerie en matière de santé existe aussi. Mais aujourd’hui les progrès de la médecine permettent d’établir des diagnostics plus précis.