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Flair(ez) la bonne affaire

30/08/2014
Le magazine Flair (SANOMA)empoche l'argent destiné à une bonne cause

" Flair empoche l'argent destiné à une bonne cause " a annoncé l'agence de presse BELGA ce samedi 30 août 2014 relayant ainsi l'avis du Jury d'Ethique Publicitaire (JEP) pour une campagne de sensibilisation sur les viol organisée par le Magazine (groupe SANOMA). 


 

Les faits

Sanoma Magazines à travers les média Flair a diffusé plusieurs publicités promettant, entre autres, de reverser à des associations qui luttent contre le viol 1 € par SMS envoyé.

Spot TV

Texte à l’écran: « 56 femmes violées chaque semaine. Derrière ce chiffre officiel, combien de cas non déclarés en Belgique ? Sifflez pour dire stop à cette violence. Ce 5 mars, achetez notre sifflet et soutenez la lutte contre le viol. Flair.be/sifflez. »

Spot radio

Femme: « Chaque semaine en Belgique, 56 femmes sont violées. Une raison suffisante pour se faire entendre. Achetez Flair et son sifflet contre le viol pour seulement 1€ de plus et sifflez avec nous la fin des violences. »

Annonce

Texte en grand: « 56 femmes violées en Belgique chaque semaine. Sifflons la fin des violences. Faites du bruit ! »
En-dessous en plus petit: « Le 5 mars, achetez Flair + un sifflet pour 1€ de plus et soutenez la lutte contre le viol. Toutes les infos concernant notre action sur www.flair.be/sifflez. »

Site internet

« Chaque Flair contenant un sifflet contre le viol coûte un euro de plus. L’argent des sifflets vendus sera intégralement reversé aux associations qui luttent contre le viol. »
« Si vous désirez apporter votre soutien à ces associations, vous pouvez participer par SMS. Pour ce faire, envoyez le mot SIFFLET au 4050 (1€ par SMS envoyé ou reçu). Pour chaque SMS envoyé, 1€ sera reversé aux associations qui luttent contre le viol. Car elles ont besoin d'argent, et que chaque geste compte. »

Pas d'euro pour les associations...

Le hic ? Selon la plainte reçue par le JEP, aucune des organisations mentionnées dans Flair n’a reçu quelque chose du profit de l’action. L'argument invoqué par un porte-parole du groupe Sanoma, éditeur du magazine, la campagne de publicité et la production de l'action a coûté trop cher. "Le frais pour les sifflets et la campagne étaient trop élevés. Il ne restait plus d'argent pour les associations." Flair a défendu son point de vue auprès du JEP en déclarant
 
"Avec l’action en question, l’équipe de Flair a voulu attirer l’attention sur la problématique du viol, en raison de la journée internationale de la femme.

Le coût total de production de cette action était déjà d’environ 50.000 euro (achat des sifflets, autocollants, etc.).
14.000 euro ont été couverts par la vente des sifflets, 36.000 euro par les propres finances de Flair.
De plus, une campagne étendue a été faite à la radio et en print (dont le coût était encore une fois d’environ 50.000 euro).

Bien que finalement les organisations n’aient pas reçu d’argent, la problématique du viol en général et les organisations en particulier ont néanmoins reçu beaucoup d’attention grâce à l’action et à la campagne média, autant via un dossier de 23 pages dans le Flair flamand et français que via l’attention pour le sujet dans différents autres médias. En outre, Flair attirera de nouveau l’attention sur le sujet et sur les organisations à l’occasion de la journée nationale de la femme et mentionnera leurs numéros de compte et éventuelles actions.

L’équipe de Flair regrette bien entendu qu’elle n’ait pas pu donner d’argent aux associations concernées mais est d’avis qu’on ne peut pas dire que le public a été trompé puisque la vente des sifflets a en tout cas contribué à l’action en particulier et à la sensibilisation concernant le viol en général. Personne n’a non plus été obligé d’acheter un sifflet car Flair était aussi proposé sans ce sifflet.

De plus, il est aussi courant et accepté qu’avec une action pour une bonne cause, les frais de fonctionnement soient portés en compte. Le consommateur en est aussi conscient.

Enfin, on doit aussi tenir compte des bonnes intentions de l’équipe de Flair, à savoir la volonté sincère d’attirer l’attention sur les organisations concernées et sur le viol, une problématique que l’équipe de Flair prend à cœur et à laquelle elle a quand même consacré un investissement substantiel
".

Décision du JEP

 
Le JEP a constaté que l’action a été annoncée dans différents médias comme suit: « Achetez Flair + un sifflet pour 1€ de plus et soutenez la lutte contre le viol », ce qui est un message correct.

Par contre, le Jury a constaté que sur le site web de l’annonceur, il était mentionné ce qui suit: « Chaque Flair contenant un sifflet contre le viol coûte un euro de plus. L’argent des sifflets vendus sera intégralement reversé aux associations qui luttent contre le viol. ». Dans le magazine même, il était également mentionné ce qui suit en français: « La semaine prochaine, chaque Flair sera accompagné d’un sifflet et vous coûtera 1€ de plus qui sera reversé aux associations qui luttent contre le viol. ».

Le Jury a estimé que le consommateur peut ainsi être trompé en ce qui concerne l’importance des avantages consentis à des causes charitables et que la confiance du consommateur peut ainsi être abusée, ce qui est contraire aux articles 3 et 5 du code de la Chambre de Commerce Internationale.


Compte tenu de ce qui précède et sur la base des dispositions susmentionnées, le Jury a donc demandé à l’annonceur de modifier la publicité pour le futur, et à défaut, de ne plus la diffuser.

Qu'en penser ?

On peut s'étonner de la sanction légère proposée par le JEP. Se limiter à demander de modifier la publicité ou de ne plus la diffuser a peu de conséquences pour un média. Par contre, le consommateur floué, ne peut que s'interroger sur la portée d'une telle décision prise par le JEP.

Quand on connaît la composition du JEP (1/2 secteur de la publicité + 1/2 société civile) et le fait qu'il soit un organe d'auto-régulation du secteur de la publicité, créé par le Conseil de la Publicité et financé par le secteur de la publicité,la position prise par le JEP n'étonne plus. Elle est plus proche d'un souhait que d'une sanction réelle.

La question se pose dès lors de savoir, pourquoi le JEP continue-t-il à bénéficier d'une situation de rente en matière de contrôle de la publicité dans les média, notamment la presse périodique ?

Sans doute, parce que les loups ne se mangent pas entre eux car le secteur de la presse est membre du conseil de la publicité. Et qu'elle a besoin de la publicité pour vivre ...

Sans doute aussi, par l'absence de volonté et la frilosité de certains élus qui, depuis des années, se refusent à protéger le consommateur au nom de la liberté d'entreprendre et de commercer...

Au consommateur de se faire sa propre philosophie et de se méfier de plus en plus de publicités mensongères ...