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Et si l'étude universitaire ne nous disait pas tout ...

25/01/2020
Une université américaine s'interroge sur la qualité d'une étude réalisée par une autre université américaine. En cause, un conflit d'intérêts !

Dispute entre deux prestigieuses universités 

Des chercheurs de Texas A&M sont accusés de conflits d'intérêts dans une étude minimisant les risques de la viande rouge par l'université d’ Harvard.

Au départ, une publication qui fait polémique

Il y a quelques mois, le Vif présentait le résultat de cette étude :  le réexamen de dizaines d'études passées par des chercheurs indépendants conclut que le risque potentiel est faible et les preuves incertaines. [...] Les multiples études ré-analysées collectivement par le groupe indiquent que réduire la consommation de viande rouge de trois portions par semaine pourrait abaisser la mortalité par cancer de sept morts pour mille personnes, ce que les chercheurs considèrent comme une baisse modeste. En outre, ils insistent: le degré de certitude de cette statistique est "faible". Pour la charcuterie et les maladies cardiovasculaires et le diabète, la qualité des preuves est jugée "très faible" par l'équipe, qui a eu recours à une méthodologie baptisée GRADE.

Ces résultats, très différents de ceux admis généralement et contraire aux recommandations des pouvoirs publics qui conseillent de limiter la consommation de viande suite aux risques pour la santé.Ainsi, le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l'Organisation mondiale de la Santé, classe la viande rouge comme "cancérogène probable" et la charcuterie "cancérogène".

sur le plan méthodologique, l'étude compilait d'autres études passées concernant l'impact de la consommation de viande rouge et de charcuterie sur les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer. Elle concluait que l'augmentation des risques était trop faible pour justifier les recommandations universellement prodiguées par les agences de santé publique, à savoir qu'il faut minimiser la consommation de viande rouge et de charcuterie. A noter que les recommandations publiées  avaient été approuvées par 11 des 14 chercheurs composant le panel de l'étude.

Harvard s'interroge sur l'indépendance des chercheurs

Des enseignants de la prestigieuse université ont  découvert que des auteurs de l'étude n'avaient pas déclaré leurs liens avec un programme de Texas A&M financé en partie par le lobby du boeuf dont l'auteur principal de l'étude Bradley Johnston, professeur à l'université Dalhousie au Canada et chef du groupe NutriRECS, selon le Vif.

De plus, toujours selon le Vif, le New York Times avait également établi que Bradley Johnston avait reçu dans le passé des financements de ILSI, une organisation financée par l'industrie agroalimentaire, pour une étude qui concluait que les recommandations sur la réduction de la consommation de sucres étaient peu justifiées !

En conclusion, sans connaître les modes de financement et les commanditaires d'une étude, il convient d'être attentif aux conclusions proposées. Dans ce cas, l'analyse de la méthodologie employée n'est pas suffisante mais il est nécessaire de s'interroger sur les conflits d'intérêt. Malheureusement, ces informations sont rarement accessibles directement dans la presse qui se limite, trop souvent à ne publier que les résultats et rarement les références de l'enquête et des critiques originales. Un consommateur averti en vaut deux.