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Seniors : entre héliotropisme et débrouille

14/04/2013
Pas évident de profiter d'une retraite paisible quand les moyens sont limités. De nombreux retraités face aux coûts élevés des maisons de retraite s'expatrient ou s'orientent vers le "low cost"...

En 2011,34.000 pensionnés perçoivent leur pension à l'étranger. Une augmentation de 52% en 10 ans parmi une population composée majoritairement de ressortissants belges qui ont choisi de vivre dans un pays où le soleil brille toute l'année et non de salariés d'origine étrangère qui ont décidé de retourner dans leur famille.

Avantages : les prix bas tant dans l'immobilier que les dépenses quotidiennes vu le pouvoir d'achat souvent plus bas permet de bénéficier d'un train de vie confortable, malgré un montant limité de pension. Mais au Sud de la Méditerranée, le revenu d'un pensionné belge demeure bien supérieur au revenu moyen.

Croire cependant que tous les pensionnés disposent d'un revenu suffisant pour opérer ce type de choix serait une erreur. Parmi les pensionnés, nombreux sont ceux qui ne disposent pas de revenus suffisants comme l'a montré une étude réalisée au CRIOC par Marc Vandercammen. La dualisation des seniors est une réalité avec des seniors pauvres et des seniors riches.

Et, quand la seigneurie ou la résidence service devient hors de prix - la privatisation conduit à des tarifs qui peuvent atteindre 3.000 à 4.000 euros, loin au delà de la pension moyenne -, le senior doit se débrouiller.

Souvent, face au manque de place dans la maison de repos, en l'absence d'aide à domicile ou au prix élevé des prestations, le "low cost" prend des formes particulières, comme le recours à des "jeunes filles au pair pour seniors" en provenance de l'Europe de l'Est qui, moyennant hébergement et rétribution assurent l'accompagnement et la prise en charge des personnes âgées.

Aujourd'hui, en Belgique, les premières entreprises privées proposent ces services pour des montants avoisinant les 1870 euros pour une personne âgée et 2130 euros pour un couple. A grands coups de réassurance sur la qualité des prestations et de prise en charge du statut social du travailleur car, comme le souligne une entreprise, le senior n'est pas un employeur mais un client !

La question de la qualité et du contrôle de ces prestations privées est bien d'actualité, d'autant que la tendance à la privatisation des soins aux personnes âgées se développe.