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Histoire

L'annonce matrimoniale

15/08/2012
Jean Louis C. est heureux ce matin de décembre 1962 en attendant les passagers du paquebot Sainte Marie en provenance de Martinique. Une petite brise charmante frôle son visage sur ce quai du Havre. Aujourd'hui est un grand jour ! Il attend avec impatience l'arrivée de Caroline, sa future promise. En regardant la photo que Caroline lui a transmise, il est tombé immédiatement sous le charme.

Déjà l'annonce parue dans le journal l'avait séduit. "Jeune Martiniquaise, 22 ans, désirant devenir mannequin, souhaite correspondre avec Parisien 25-30 ans en vue mariage". Et la correspondance enflammée échangée au cours des mois précédents l'avait convaincu qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Et elle arrivait aujourd'hui au Havre ! C'est vrai qu'au dernier moment, il avait dû trouver une solution car Caroline lui avait signalé qu'il lui manquait quelque argent pour payer le prix du billet. Qu'à cela ne tienne, en amour on ne compte pas et il avait envoyé l'argent. Et maintenant, Caroline débarquait et sa vie allait complètement se transformer.

Les passagers débarquent, les marchandises débarquent et toujours pas de Caroline. Et le quai se vide peu à peu. A peine, une cinquantaine de personnes restent sur le quai. Tous des hommes, célibataires, comme lui. Bizarre ! Pris d'un sentiment étrange, Jean Louis s'approche du premier homme et l'interroge. "N'attendez-vous pas une jeune fille ?" L'homme approuve de la tête et montre la photo de la personne : "Elle s'appelle Caroline". Les autres célibataires se sont approchés. Chacun sort la photo de la jeune fille attendue : Caroline souriante dans son bikini.

La police a mené l'enquête et a retrouvé Caroline. Celle-ci a confirmé qu'elle avait bien répondu à une petite annonce matrimoniale pour rencontrer Benjamin L. et qu'elle s'était rendue à Fort de France pour le rencontrer mais qu'elle n'avait pas l'intention de l'épouser. Elle comprend encore moins l'intérêt de la police quand celle-ci lui montre la cinquantaine de copies de sa photo et que la police la soupçonne d'escroquerie. Et Caroline de préciser que Benjamin L. était fort épris d'elle et qu'il l'avait invité à Fort de France et même proposé de payer le voyage. Et bien sûr, y séjourner pendant quelques jours.

La police venait de comprendre le mécanisme de cette escroquerie assez inhabituelle. Elle a ainsi constaté qu'un habitant de la Martinique, Benjamin L. avait publié une petite annonce au nom de Caroline.

Dans un premier temps, Benjamin L. a répondu à une petite annonce matrimoniale, en l'occurrence celle de Caroline. Et la photo envoyée par Caroline a produit l'effet escompté. D'autant que Caroline en parlant mariage incite Benjamin à la dépense. Et oui, en amour, on ne compte pas. Mais quand Caroline le repousse, Benjamin a compris que celle-ci cherchait simplement un prétexte pour bénéficier d'un voyage gratuit aux Antilles. A ce moment, Benjamin s'est senti arnaqué et a décidé de publier une petite annonce dans différents journaux en mentionnant son adresse. Pour s'assurer de la bonne réception du courrier des prétendants, il a mentionné le nom et le prénom de la jeune fille sur la boîte aux lettres. Le courrier y a afflué et il lui a suffi d'y répondre en y joignant la photo de Caroline. Comme les prétendants ont été aussi crédules que lui, il a évoqué le mariage pour qu'ils envoient de l'argent pour le voyage. Et le tour était joué ! Il ne restait plus qu'à disparaître en méditant sur "Malheureux en amour, heureux en argent".

Le mariage à distance peut souvent réserver des surprises. D'autant plus rapides aujourd'hui qu'Internet permet une circulation plus rapide de l'information. Correspondre pour mieux se connaître constitue sans doute une étape nécessaire à la première rencontre. Envoyer de l'argent sans garantie en retour, c'est souvent prendre un risque important. D'autant que l'escroc peut être tenté, en présence d'un consommateur pigeon, de rééditer l'opération en justifiant des coûts supplémentaires (visa, garanties financières, frais de réservation, etc.). Dans le doute, mieux vaut s'abstenir !