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Merchandising ; le rayon des luminaires s'éclaire sous un nouveau jour

15/08/2012
Le luminaire décoratif apparaît sous un jour nouveau et sort de sa fonction pure et simple d'éclairage et d'objet statique pour susciter à nouveau l'intérêt du consommateur.

Mikado

Une caresse de la main suffit à mettre en mouvement ces véritables « baguettes magiques » en acier qui allument la lumière et en font varier l'intensité.

Baldaquin

En frôlant le motif brodé sur le voile du baldaquin, le dormeur agit sur la lampe d'ambiance suspendue au-dessus du lit.

Visitor

C'est la lumière ambulatoire par excellence en applique, tenue à la main, posée sur le plat de travail, plantée dans le gazon, etc

Petit Poucet

Ces petits cailloux se sèment à tout va pour créer un chemin, servir de veilleuse...

Lili

Tel un tableau blanc, cet abat-jour amovible et nettoyable peut être décoré aux feutres par un enfant, servir de support de messages ponctuels...

Marque-Page

Mural ou posé par terre, il s'éteint lorsque le livre est mis à cheval dessus et s'allume lorsqu'il est retiré.

La plupart des produits d'éclairage proposés au grand public sont anonymes: il n'y a quasiment pas de marques reconnues. C'est une offre sans différenciation réelle, sans discours, sans image, mis à part ceux du lieu où on les achète .... Par ailleurs, il est extrêmement difficile de trouver des accessoires: interrupteurs, fils, enrouleurs, prises. L'assortiment est affreusement limité. » Ce jugement sans appel du designer Jean-Pierre Vitrac reflète bien la réalité du secteur. Cependant, les choses pourraient changer et de nombreux départements de création planchent activement sur le sujet. En amont, Philips Eclairage communique depuis deux ans sur une manière différente d'aborder la lumière, coopérant par exemple avec le designer Thomas Klug et l'institut Valorisation et innovation dans l'ameublement (VIA). Les designers d'Ikea s'interrogent aussi sur le sujet. D'autant que la lumière est un élément de plus en plus présent dans les médias qui traitent de l'aménagement de la maison.

De nouvelles techniques de mise sous tension

Ce mouvement ne pourra qu'accroître la demande des consommateurs vers des solutions plus attractives. Les luminaires ne se limitent plus à leur simple fonction d'éclairage ou d'élément passif de décoration. Parmi les grandes lignes explorées, l'approche sensitive de la lumière va profondément changer l'offre. À l'origine de cette évolution: les nouvelles techniques de mise sous tension. L'interrupteur tactile réagit à la moindre caresse. Il peut utiliser une trame métallique noyée dans de la silicone, une sérigraphie conductrice, un fil de cuivre fixé dans une broderie... L'interrupteur à bille, pour sa part, provoque l'allumage par basculement du produit. La technique à infrarouge fonctionne sur la présence ou non d'un élément dans son rayon. Le système à ressort est activé par le poids d'un objet posé sur le luminaire. L'allumage électronique de proximité utilise la distance entre deux éléments pour commander l'éclairage. Des capteurs extérieurs d'intensité lumineuse peuvent faire varier l'éclairage intérieur. Toutes ces techniques vont se développer dans le grand public, redonnant à la lumière une dimension magique ou sensuelle, souvent ludique, des valeurs très présentes dans les tendances décoratives actuelles que la lumière possède par définition.

Une approche multisensorielle «La lumière, c'est la vie, souligne Thomas Klug. C'est un élément extrêmement chargé dans l'inconscient des individus comme de la collectivité. » De nouvelles matières, et notamment des résines souples et des textiles, vont également modifier l'offre en luminaires, les faisant entrer dans l'approche multisensorielle déjà à l’œuvre sur de nombreux produits de grande consommation.

L'autre grand axe de développement est la mobilité. «Les produits sans fil représentent une base de déploiement considérable du fait de l'attractivité auprès des consommateurs, note Jean-Pierre Vitrac. L'essor du petit outillage électroportatif en est la preuve. On pourrait aisément faire des transferts de technologie vers le luminaire. » Cette mobilité peut être totalement sans fil ou adaptée à la présence d'un câble. Ainsi, dans les trente créations présentées dans l'exposition Active Light, Spider est une suspension dotée d'un enrouleur que l'on peut positionner à l'envie entre sol et plafond pour l'adapter à chaque utilisation...

Enfin, le luminaire entre dans le mouvement du multifonctionnel. Il se métamorphose en support de communication entre membres de la famille ou, pour une entreprise, en porte-revues, en marque-page... Multiusage, la lumière va se consommer différemment. «La lumière est en train de changer de statut, souligne Anne-Marie Visse, directrice marketing Europe du Sud chez Philips. Lors de tables rondes organisées avec le VIA, nous avons eu des designers qui parlaient de la lumière comme d'une matière à consommer. Pourquoi ne pas acheter des plaques de lumière en magasin, à consommer puis à jeter?»

Ces nouvelles approches du luminaire devraient entraîner les distributeurs vers une réflexion sur la façon de démontrer la lumière. Travaux sur les mises en scène et démonstrations doivent accompagner la mise sur le marché de ces nouveaux luminaires.

Un marché français du luminaire décoratif d'environ 590 Meuros, réalisés par des spécialistes luminaires (40 %), des magasins d'ameublement et de décoration (20 %), des grandes surfaces de bricolage (10 %), des grandes surfaces alimentaires (10 %), des grands magasins (9 %), des grossistes (9 %), la vente à distance (3 %).

Source : Nougaret M.H, Le luminaire sous un nouveau jour, LSA, février 2003